Le parcours de Henri SIMON pendant la Grande Guerre : (4) Le 19è bataillon de Chasseurs à pied

En septembre 1916, cela fait déjà deux ans que la guerre a commencé et que tous ces pauvres bougres souffrent dans les tranchées, y voient mourir leurs camarades, sans autre perspective que de durer en attendant de peut-être finir là aussi, à leur tour.

Rétabli de la blessure qu’il a subie fin juin à Vaux-Chapitre, Henri SIMON est désormais affecté au 19è bataillon de Chasseurs à pied. Il est agent de liaison au sein de la 2è Compagnie de Mitrailleuses (C.M. 2).

Le 19è BCP appartient à la 127è Division d’Infanterie qui comprend également, à l’automne 1916, trois autres régiments de chasseurs à pied (25è et 26è et 29è BCP), deux régiments d’infanterie (171è et 172è), un escadron de cavalerie (du 9è régiment de chasseurs à cheval), plusieurs groupes d’artillerie et 2 compagnies du 10è régiment du génie. Le chef de corps du 19è BCP est le commandant Ducornez.

Début septembre, la 127è D.I. est envoyée dans la Somme où ses différentes unités arrivent entre le 7 et le 9 septembre dans les gares de Boves et de Saleux, au sud d’Amiens. Le 18 septembre, elle arrive dans le secteur qui lui est affecté, à Bouchavesnes, au nord de Péronne.

Le 19è BCP arrive en première ligne le 19 septembre pour relever le 171è R.I. qui a subi une forte attaque ennemie la veille. Une nouvelle attaque allemande est déclenchée le 20, entre Bouchavesnes et la ferme du Bois-l’Abbé; le bataillon parvient à l’arrêter, grâce à ses mitrailleuses et fusils-mitrailleurs. Après quelques jours de repos, le 19è se trouve à nouveau en première ligne à partir du 28 septembre, sous des bombardements ennemis toujours très intenses; malgré cela, le bataillon parvient à progresser d’une centaine de mètres à l’Est de la tranchée de Turka qui a été prise quelques jours plus tôt.

Carte Bouchavesnes 2

Relevé le 2 octobre, le 19è remonte en première ligne avec le 26è BCP dans la nuit du 6 au 7 octobre : le 19è est à l’Est de Bouchavesnes et le 26è occupe les tranchées et parallèles au nord de Bois-l’Abbé. Après avoir effectué des reconnaissances au cours de la nuit, les deux bataillons déclenchent une attaque en début d’après-midi du 7 octobre; Le 19è tente de progresser vers Malassise mais est soumis à de violents tirs de barrage et des feux de mitrailleuses. Malgré ces tirs, le bataillon progresse : à gauche, il avance de 300 à 400 mètres; le centre se heurte à des fils de fer; la droite, plus menacée, ne progresse que de 200 mètres, se tenant en liaison avec le 26è BCP. Les deux bataillons parviennent à tenir le terrain conquis et organisent ensuite leurs défenses, dans la nuit et la journée du 8 octobre, aidés par le 1er bataillon du 171è R.I.

Les pertes subies au cours de cette offensive sont importantes. Pour le 19è BCP : 61 tués, dont 1 officier et 129 blessés dont 1 officier; pour le 26è BCP : 52 tués, dont 1 officier et 88 blessés dont 3 officiers.

Henri SIMON figure au nombre des blessés, atteint d’une plaie et de brûlures aux yeux. Son comportement, au cours de cette attaque et des opérations qui se sont succédées depuis la mi-septembre, lui vaut une citation à l’ordre de la Division :  » SIMON Henri – matricule 8318 – C.M. 2 du 19è bataillon de Chasseurs – Agent de liaison d’un courage exceptionnel, toujours prêt à accompagner son chef de peloton dans les reconnaissances de positions. A fait preuve des plus belles qualités de bravoure et d’entrain pendant la période du 10 septembre au 8 octobre 1916, en parcourant maintes fois avec un courage imperturbable un terrain complètement bouleversé et violemment battu. A été blessé deux fois le 8 octobre 1916 – Ordre n° 87 du 20 octobre 1916 – Signé : d’Anselme, général commandant la 127è Division « .

Citation 127è DI

Le 19è BCP est ensuite mis au repos jusqu’à la fin du mois d’octobre, au camp n° 10.

 

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