Le parcours de Henri SIMON pendant la Grande Guerre : (1) Le 150è Régiment d’Infanterie

Le 150è R.I. a été créé sous le Premier Empire, sous le nom de 150è demi-Brigade. En avril 1915, lorsque Henri SIMON intègre cette unité, le commandant du régiment est le colonel de Chéron.

Depuis le début du conflit, le 150è R.I. a été fortement éprouvé; d’abord en Lorraine où il a pris part à l’offensive générale vers le nord-est, puis sur la Marne, en septembre, autour de Verdun et sur la Meuse. Après avoir été complété et reformé au début de 1915, le régiment est envoyé en Argonne, à l’ouest de Verdun.

Historique 150 infanterie - Couverture

L’Argonne

Début avril, le 150è R.I. a pris et perdu à plusieurs reprises la tranchée de Bagatelle, dans les bois de la Gruerie, en forêt d’Argonne. [C’est à ce moment que Henri SIMON rejoint le régiment – j’ignore dans quelle compagnie il est affecté]. Fin avril, le 25 et le 27, les Allemands lancent des attaques, mais sans succès.

Le 1er mai, nouvelle offensive de l’ennemi qui fait exploser une mine puis attaque avec des lance-flammes, pendant une relève. Malgré la résistance héroïque de la 9è compagnie, les Allemands atteignent la deuxième ligne française et la situation est grave. Les 10è et 11è compagnies contre-attaquent et, en fin de journée, la seconde ligne, perdue et reprise plusieurs fois, reste finalement aux Français. Du 3 au 5 mai, le 1er bataillon reprend, pied à  pied, quelques parties de la ligne perdue le 1er mai. Mais le régiment est épuisé et doit être relevé le 6 mai; c’est à ce moment que son chef de Corps, le colonel  de Chéron, est tué par un éclat d’obus, près de la Fontaine-aux-Charmes. Le chef de bataillon Faure-Beaulieu, nommé lieutenant-colonel, prend le commandement du régiment le 10 mai.

Les Allemands s’acharnent sur Bagatelle et le 150è R.I. y revient à plusieurs reprises comme troupe de renfort et de contre-attaque. Le 30 juin, une violente attaque ennemie enfonce les lignes et menace la vallée de la Biesme. Le régiment est appelé

en soutien et prend une part active à l’action. Soumis à des tirs précis d’artillerie, il subit des pertes sévères et flotte un peu; mais le commandant Maignan rallie sa troupe et l’entraîne à la baïonnette, renouvelant l’attaque à plusieurs reprises, et finit par repousser l’ennemi qui se replie en désordre et abandonne le terrain qu’il avait conquis.

Monument 150 R.I
Monument du 150è R.I., bois de la Gruerie (Source : Des photos….. 14/18, le blog de Daneck)

Le 13 juillet, le 3è bataillon accourt, une fois encore, au secours des troupes de Bagatelle qui ont perdu leur première ligne. Avec l’aide d’autres unités, la 10è compagnie contre-attaque à la grenade et à la baïonnette, rejette l’assaillant et réoccupe toute la position perdue.

Pour les survivants de la Grande Guerre, les combats d’Argonne restent le symbole de l’effort surhumain, par sa durée et sa ténacité dans la souffrance et le sacrifice noblement consentis. Aussi, c’est avec fierté que le 150è R.I. a porté, pendant le reste de la guerre, le nom de « Régiment de Bagatelle », son plus beau titre de gloire. Le 10 août, le régiment quitte définitivement l’Argonne.

La Champagne

Après deux semaines de repos près de Châlons-sur-Marne, le 150è remonte au front où il doit participer à une grande offensive entre la vallée et la Tourbe et celle de la Suippe. A partir du 8 septembre, il organise le secteur de St-Hilaire-le-Grand (Marne). Travail énorme et difficile, effectué de nuit et sous la mitraille, qui consiste à creuser les tranchées parallèles pour se rapprocher depuis 1 km jusqu’à 150 m de l’ennemi. Après une préparation d’artillerie du 22 au 25 septembre, le 1er bataillon participe à l’attaque qui occasionne de nombreuses pertes d’officiers et de soldats, mais se solde par un gain de plus de 800 m en profondeur et 300 ennemis faits prisonniers. Le lieutenant-colonel Faure-Beaulieu, ayant été blessé, le commandant Thomas prend le commandement du régiment. Le 26, les 2è et 3è bataillons renforcent puis relèvent le 1er bataillon.

Le 26 septembre, un nouvel assaut est engagé; l’avance est lente et difficile, mais l’ennemi est refoulé sur les crêtes qui dominent la vallée de la Py et la lutte se poursuit avec acharnement jusqu’au 4 octobre. Le 6 octobre, nouvelle offensive à l’Epine de Védegrange, le 2è bataillon en têtes et les deux autres en soutien; il se heurte à des barbelés intacts et l’attaque est brisée; le régiment parvient néanmoins à se maintenir sur ce terrain chèrement conquis, malgré les violentes réactions de l’artillerie ennemie. Le 2 octobre, le lieutenant-colonel Ballet prend le commandement du régiment. Le 150è travaille ensuite avec ardeur pour aménager le terrain conquis et laisser une organisation solide à ceux qui vont lui succéder.

Henri SIMON quitte le 150è R.I. le 3 novembre, pour rejoindre le 29è bataillon de Chasseurs à pied.

Morts du 150è R.I

>> Voir l’historique détaillé du 150è R.I. sur L’Argonaute, bibliothèque numérique de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (B.D.I.C.)

>> Voir la liste des morts du 150è R.I. au cours de la Grande Guerre, sur Gallica

 

 

 

 

 

 

 

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