Le parcours de Henri SIMON pendant la Grande Guerre : (2) le 26è Régiment d’artillerie

Henri SIMON est affecté au 26è régiment d’artillerie (R.A.) lors de sa mobilisation, le 3 septembre 1914, quelques semaines après le début du conflit et quelques jours avant le début de la bataille de la Marne.

Le 26è R.A. qui était basé au Mans et à Chartres, constitue l’artillerie de la 7è division d’infanterie du 4è corps d’armée. En 1914, il est sous les ordres du colonel BERTRAND. Il est composé de 3 groupes comprenant chacun 3 batteries de canons, avec un effectif de 170 hommes et 168 chevaux.

Caserne 26è R.A. Le Mans
Caserne du 26è régiment d’artillerie au Mans – Source : www.chtimiste.com

Embarqué à Chartres les 7 et 8 août 1814, le 26è R.A. a d’abord été emmené à Verdun  et Dugny (Meuse) où il a été peu engagé. Il a ensuite été envoyé en Belgique à partir du 20 août et c’est là qu’il est réellement entré dans la guerre :

  • le 22/8 à Ethe : la 7è D.I. se heurte à l’infanterie allemande. Le 3è groupe du 26è R.A. subit des pertes sérieuses; il perd notamment le lieutenant-colonel BUISSON ; 4 autres officiers sont blessés et prisonniers; 10 sous-officiers et 40 hommes sont tués, blessés ou prisonniers; 4 canons sont abandonnés dans la retraite. Le 23/8, le régiment est hâtivement rassemblé et reconstitué à Villers-le-Rond (Meurthe-et-Moselle). Ce jour-là, à Ethe, les troupes allemandes fusillent 218 civils et détruisent 256 maisons.
  • le 24/8, le régiment est déployé sur les hauteurs de Marville. L’ennemi attaque le 25 à l’aube. Les 1er et 3è groupes sont sévèrement pilonnés et doivent battre en retraite. Le régiment, désorganisé, a perdu 3 hommes tués et 30 blessés, mais il a surtout abandonné 16 canons et une trentaine de caissons; il ne reste que 4 batteries intactes qui sont mises à la disposition du 11è corps d’armée.
  • Le 31/8, les batteries du 26è R.A. appuient une offensive sur Beauclair, la forêt de Dieulet et Beaufort-en-Argonne (Meuse); le 3è groupe est violemment pris à partie; la 6è batterie perd son capitaine et deux servants; 3 sous-officiers et 15 hommes sont blessés. Le 1/9, la division amorce une retraite générale qui se poursuit le 2, et le 3/9 elle embarque au sud de l’Argonne.

La bataille de la Marne

Le 5 septembre, les unités du régiment sont rassemblées à Pantin. Pendant que le 1er groupe et les 8è et 9è batteries restent à Pantin pour toucher du matériel et se reconstituer [c’est à ce moment-là que Henri SIMON, mobilisé le 3 septembre, est incorporé au 26è R.A. pour compléter son effectif ; n’ayant pas suivi de formation d’artilleur, il est probablement affecté à l’approvisionnement d’une batterie], les deux groupes disponibles quittent Pantin le 6/9 pour être engagés dans la bataille de la Marne :

  • le 8/9, le 2è groupe, mis à disposition de la 61è division d’infanterie, se porte au sud-est de Fresnoy (Oise); le 3è groupe est entre Sennevières et la cote 135, puis se prote en avant pour appuyer la 14è division d’infanterie au nord-ouest de Bouillancy, puis à la ferme de Gueux. Le 9, les deux groupes se replient successivement et se rejoignent à Sennevières.
  • Le 10/9, les autres batteries reconstituées (avec Henri SIMON dans leurs rangs) rejoignent le régiment qui est rassemblé en position d’attente entre Chevreville et Ognes. Le 4è corps d’armée commence la poursuite vers le nord.

> Gustave BABIN, la bataille de la Marne (6 – 12 septembre 1914), Paris, Plon 1915, sur Gallica

La bataille de l’Aisne

  • le 12/9, la division part de Retheuil (Aisne), au sud-est de la forêt de Compiègne, et progresse vers le nord; elle rencontre l’ennemi à auteur de Chelles. toutes les batteries sont installées sur le revers sud du plateau de Martimont et battent la rive droite de l’Aisne. [C’est donc sans doute là que Henri SIMON a connu son baptême du feu]. Le régiment cantonne le soir à Retheuil. La journée a coûté 9 tués (dont un capitaine) et 30 blessés. La ténacité et le courage du régiment lui valent une citation à l’ordre de la 7è division.
  • Les Allemands reculent et les Français franchissent l’Aisne à Attichy, le 13/9. Du 15 au 18, le régiment participe aux rudes combats en avant de Tracy-le-Mont. Après une progression, l’ennemi recule en laissant 400 tués sur le terrain. Le 18, le régiment est rassemblé à Tracy, puis la division marche en colonne vers Compiègne.
  • La division quitte Compiègne ne 20/9 et marche vers le nord, marche interrompue pour appuyer l’attaque du 13è corps d’armée sur Lassigny (Oise). La marche est reprise le 23 par Amy, Roiglise et Champien.

Les combats de Champien

Du 23 au 30 septembre, le régiment participe aux combats de la 7è division d’infanterie à Champien (Somme), au nord de Roye. Les combats sont acharnés, les villages sont pris et repris, mais la situation est quasi stationnaire. Le 29, les éléments au nord de l’Avre ont l’ordre de se replier au sud de la rivière et Roye est évacuée. Ces combats ont coûté au régiment 9 tués (dont un officier) et 32 blessés.

Les combats de Saint-Mard et Laucourt

Début octobre, les attaques allemandes continuent sur le front Saint-Mard – Laucourt. L’infanterie se replie en défendant le terrain pied à pied. Le 6/10, épuisé par les attaques qu’il livre depuis le 23/9, l’ennemi abandonne l’offensive et se fixe sur une ligne Beuvraignes – Laucourt – St-Mard-les-Triots – St-Aurin.

Le secteur de Laucourt

Le régiment défend ce secteur du 7 octobre au 25 novembre. La situation se stabilise; c’est la guerre des tranchées qui commence. A partir du 9/10, une batterie par groupe peut être mise au repos; les deux groupes en position rentrent le soir à leurs cantonnements de Laboissière-en-Santerre et de Fescamps (entre Roye et Montdidier).

Le secteur de Tilloloy

Le 25 novembre, les groupes changent de cantonnements, quelques kilomètres plus au sud: les 1er et 3è groupes sont à Boulogne-la-Grasse et le 2è à Piennes. La zone d »action du régiment s’étend de Laucourt à Beuvraignes, selon un axe nord-sud de 4 à 5 km. Le secteur est très calme et l’ordre est de ménager les munitions. Le 26 décembre, le régiment est relevé. Il embarque le 28 à Montdidier et est dirigé vers Cuperly, dans la Marne.

Du 1er au 14 janvier 1915, le régiment est au repos à Courtisols (12 km à l’est de Châlons-en-Champagne). A la suite de l’attaque allemande sur Soissons, la 7è division est envoyée en réserve de la 5è armée; le régiment cantonne alors entre Fère-en-Tardenois et Fismes, du 15 janvier au 5 février; le 6, le régiment rejoint la 4è armée en chemin de fer; il cantonne du 6 au 12 février au sud de Châlons, du 12 au 18 à Courtisols, du 18 au 27 à Cuperly et Vadenay et du 27 au 1er mars à nouveau à Courtisols.

Perthes-les-Hurlus

Les 1er et 2è groupes partent renforcer l’artillerie du 18è Corps d’armée, dans le secteur de Perthes-les-Hurlus (Marne). Le 4 mars, ils s’installent en batterie au sud de Mesnil-les-Hurlus et des attaques infructueuses sont lancées à plusieurs reprises entre le 6 et le 17 mars. Les deux groupes quittent leurs positions le 21 pour rejoindre la Division.

Le secteur du camp de Châlons

Dans les nuits des 23 et 24 mars, le régiment relève le 21è d’artillerie. Le secteur de la Division s’étend d’Auberive au moulin de Souain; elle est dominée de toutes parts par les positions ennemies qui occupent les crêtes boisées au nord du camp de Châlons. Les batteries sont placées dans la région de Jonchery-sur-Suippe et Saint-Hilaire-le-Grand.

>> Voir l’histoire de la terrible bataille du moulin de Souain, le 7 mars 1915, sur le blog « La Gazette de Souain« 

Henri SIMON quitte le 26è régiment d’artillerie le 15 avril 1915. Il est affecté au 150è régiment d’infanterie.

> Voir l’historique détaillé du 26è régiment d’artillerie, sur Gallica

 

 

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